Je me glisse comme un chat sous le wagon

 

HUBERT MOUNIER DE VEROT


Je suis extrêmement ému de découvrir ce site si bien fait qui rend compte de la façon la plus complète de ce drame qui a marqué ma jeunesse.

J'avais 12 ans, j’étais dans ce train dans le premier wagon suivant celui des bagages. Dans la chaleur de ce milieu de journée du 7 septembre, tout d un coup le train verse dans un vacarme épouvantable. J’étais dans le coin fenêtre. Je reçois des bagages sur la figure. Par miracle je ne suis pas éjecté. Le train continue sa lancée quelques mètres puis le brusque silence. Nuage de vapeur et d’escarbilles de charbon.

Le visage en sang je me glisse comme un chat sous le wagon. J’ai perdu une chaussure. Instinctivement je suis la piste vers la gare au milieu des hurlements. Etant en tête du train, je suis sans doute le premier à atteindre la gare, où la femme du chef de gare épouvantée me récupère et  me met sur le lit de sa chambre. Je me souviens de la poupée de foire posée sur l’édredon rouge. Heureusement ma blessure est bénigne,  mais je saigne beaucoup. Elle me donne une chaussure de son mari. Je reste quelques instants sur le lit puis je pars à la recherche de mon frère, 14 ans qui, en bon scout, était déjà en train de secourir des voyageurs.

Je repasse de temps autres dans cette gare avec beaucoup d’émotion. Je constate avec regret qu’il n’y a aucune plaque commémorative de cet affreux drame.

Je compte écrire au Président de la SNCF pour qu' il fasse quelque chose et j’invite les Internautes  à faire de même.

HUBERT, bientôt 67 ans

 

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