En savoir plus sur la locomotive 141 F 95

 

Le 7 septembre 1957, l’express 1115 était tracté par la locomotive 141-F-95 affectée au dépôt de Langeac. Comme son nom l’indique, c’était une locomotive du type 141 qu’on appelait aussi une « Mikado (1) ».

Le type 141 correspond à la disposition des essieux : On compte les essieux en partant de l’extrémité de la locomotive côté tampons et en allant vers le tender. Une locomotive 141 se caractérise donc par la configuration suivante : un essieu porteur (appelé le bissel avant), suivi de quatre essieux moteurs et enfin d’un autre essieu porteur. Le nom de Mikado provient d’une série construite au Japon qui adopta pour la première fois cette disposition d’essieux.

La lettre F correspond à la série de la locomotive. Ainsi, les 141-F sont issues de la transformation d’un certain nombre des machines Mikados 141-E du PLM (2), lesquelles provenaient elles mêmes de la modernisation des locomotives 141-C.

Les 141-C d’origines furent construites à 680 exemplaires à partir de 1919. Les vingt premières sortirent des usines de la SLM de Winterthur (3) en Suisse, puis elles furent reproduites en France sans modifications essentielles jusqu’en 1934. Par la suite 444 de ces locomotives furent transformées en 141 E. Un assez grand nombre de ces dernières, 195 très exactement, devinrent des 141 F. A cette occasion, la modification du rappel de leur bissel avant permit de porter leur vitesse limite de 90 à 105 Km/h.

Le numéro 95 est le numéro d’identification de la locomotive dans la série. C’est tout simplement la 95ème locomotive construite sur les 680 exemplaires d’origine, ce qui la place dans le lot des 141-C-21 à 256 construites par Schneider entre 1921 et 1925. Vu sa numérotation, on peut donc supposer qu’elle fut livrée à la Compagnie du PLM entre 1922 et 1923. Les informations communiquées par Patrick dans le livre d’or, diffèrent légèrement. La 141-C-95 faisant partie selon ses sources, de la 2ème tranche (21 à 120) de la 1ère commande des 141-C 1 à 240. Elle aurait été livrée en 1920.

Les 141-E et 141-F étaient des locomotives mixtes. C'est-à-dire qu’elles pouvaient assurer indifféremment du service voyageur et du service marchandises. Elles étaient particulièrement performantes sur les lignes à profil difficile et donc tout naturellement utilisées sur la ligne des Cévennes pour la remorque des trains express lourds à arrêts fréquents.

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(1) Au même titre que les 231 s’appelaient aussi des « Pacifics », les 241, des « Mountains », etc. 

(2) Région de Paris Lyon Méditerranée.

(3) Schweizerische Lokomotiv und Maschinenfabrik

 

 

Quelques caractéristiques techniques de la 141-F-95

Longueur machine seule :   13,80 m
Longueur  avec le tender :   22,74 m
Poids machine seule :   99,00 t
Poids total en ordre de marche avec tender :  151,00 t
Diamètre des roues motrices :      1,67 m
Réserve d’eau    25,00 m3
Réserve de charbon      8,00 t

 

Locomotive Mikado du PLM série 141-C.

680 exemplaires furent construits entre 1919 et 1934. L’une d’entre elle est devenue plus tard une 141-E puis la 141-F-95. (Photo Lucien Maurice Vilain. Soixante ans de traction vapeur sur les réseaux Français).

 

Locomotive Mikado série 141-E

444 locomotives 141-C furent modernisées en 141-E entre 1936 et 1949. Plus tard, bon nombre de 141-E devinrent des 141-F. (Photo Lucien Maurice Vilain. L’évolution du matériel moteur et roulant de la Cie PLM).

 

Photos de la locomotive Mikado 141-F-282 identique à celle de Nozières.

Locomotive remise en état par le dépôt SNCF de Portes-lès-Valence et conservée au Musée du Chemin de fer de Mulhouse. (Photos martynbane.co.uk)

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Patrick nous informe encore dans le livre d’or, qu’en 1941 la 141-C-95 affectée au dépôt de Lyon Mouche, est détachée sur la région Est au dépôt de Chalindrey. A l’occasion de sa transformation en 141-F-95, elle est affectée par la suite au dépôt de Besançon avant de revenir sur le Sud-Est.

En 1957, la locomotive 141-F-95 était une locomotive dite « banalisée », c'est-à-dire non affectée à un mécanicien attitré (comme le sont toutes les locomotives à l’heure actuelle). Après le déraillement, la 141-F-95 fut acheminée sur les ateliers de Nevers, où elle fut réparée. Elle en est sortie flambant neuve et elle fut affectée au dépôt de Langeac où elle assura la réserve. Elle a terminé sa vie au dépôt de Clermont-Ferrand où elle fut amortie le 28 septembre 1962.

Merci à Pierre Pignède, ancien mécanicien vapeur et à Patrick du livre d’or, pour les précieuses informations qu’ils nous ont communiquées. Cette rubrique sera complétée et mise à jour au fur et à mesure que nous obtiendrons d’autres informations.

G. Malarte

 

 

 

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