Répétition des signaux d'annonce sur les locomotives

 

Cette rubrique est évolutive. Elle est en cours d’élaboration et sera complétée et (ou) modifiée au fur et à mesure de sa mise en page.

 

Freinage des trains et signaux d’annonce :

Le talon d’Achille des trains, c’est leur masse. Machine comprise, un train de voyageurs peut peser facilement 500 à 800 tonnes. Cette masse demande beaucoup d’énergie pour être ralentie ou stoppée. De plus, l’avantage du faible coefficient d’adhérence du système roue d’acier sur rail devient problématique lorsqu’il s’agit du freinage. Certes on a réalisé d’énormes progrès, mais force est de constater qu’un train ne s’arrête pas comme une voiture. Lancé à 160 Km/h, il faut environ 800 mètres à un Corail pour s’arrêter en urgence. En 1957, du temps de la vapeur, les trains roulaient moins vite (100 à 120 Km/h, quelques uns à 140 Km/h), mais les technologies de l’époque ne leur permettaient pas de faire mieux qu’aujourd’hui, bien au contraire.

 

Il ne servirait à rien d’installer un feu rouge isolé en pleine voie, sachant que le train a besoin d’un kilomètre pour s’arrêter ; ou encore d’installer un panneau « 30 » comme sur les routes, s’il lui faut 700 mètres pour le respecter. C’est la raison pour laquelle, l’exploitation ferroviaire nécessite que les signaux d’arrêt soient toujours annoncés à bonne distance par d’autres signaux. Il en est pareillement des signaux de ralentissement et de limitation de vitesse.

 

Ces signaux d’annonce sont très importants. Par leur présence, le mécanicien dispose toujours d’une distance suffisante pour observer une limitation de vitesse ou pour s’arrêter.

 

Répétition des signaux :

Dans un souci de sécurité, un dispositif de répétition sonore des signaux est installé sur les locomotives afin d’instaurer une « boucle de rattrapage » dans le cas où le mécanicien n’aurait pas vu ou reconnu le signal d’annonce. Un crocodile,  espèce de patin métallique fixé sur la voie devant le signal, assure un contact électrique avec une brosse installée sous la locomotive. Il est alimentée par un courant électrique dont la polarité par rapport aux rails est fonction de l'indication donnée par le signal (ouvert ou fermé). Au passage, la brosse de la locomotive recueille le courant du crocodile qui déclenche dans la cabine un timbre bref si le signal est ouvert,  ou une sirène continu si le signal est fermé. Le mécanicien doit arrêter lui-même cette sirène en agissant sur un bouton poussoir. Ce dispositif, rappelle ainsi au mécanicien la position du signal qu'il vient de franchir.

 

Pour le cas qui nous intéresse, l’avertissement, lorsqu’il est fermé[1], ou le TIVD 30 (Tableau indicateur de vitesse à distance 30 Km/h), déclenchent la sirène continue de l’indication sonore « signal fermé ». A l’époque, le mécanicien devait au préalable  « vigiler » ces signaux avant leur franchissement en agissant sur le bouton poussoir de vigilance, lequel enregistrait son action sur la bande graphique de la boîte noire. Ce marquage sur la bande constituait l’assurance qu’il avait bien vu le signal fermé. C’était une preuve irréfutable en cas d’accident. Les bandes graphiques étaient contrôlées et les « non vigilances » sanctionnées. Plusieurs « non vigilances » dans le mois pouvaient entraîner une descente temporaire de la conduite des locomotives.

 

Le règlement prévoyait qu’un mécanicien qui percevait l’indication sonore signal fermé en dehors de tout signal (s’il ne l’avait pas vu notamment), devait se mettre aussitôt que possible en marche à vue. En 1957, la définition de la marche à vue était la suivante : « La marche à vue impose au mécanicien de s’avancer avec prudence, en réglant sa vitesse, compte tenu de la partie de voie qu’il aperçoit devant lui, de manière à pouvoir s’arrêter avant une queue de train, un signal d’arrêt ou un obstacle ».



[1]  Bien entendu, le signal ouvert déclenche le timbre bref et ne nécessite aucune action du mécanicien.

Un crocodile de signal. (Photo Wikipédia).

Sur la voie 1, à plus de 1200 mètres en amont de la gare,

le TIVD 30 de Nozières et son crocodile. (Photo Paris-Match).

Un appareil indicateur - enregistreur de vitesse "Flaman", de locomotive à vapeur. On aperçoit la bande graphique, les stylets ainsi que les plombages du boîtier. En haut à gauche, on distingue sur la tuyauterie d'air, le bouton poussoir de vigilance. En réalité ce bouton est placé de telle façon qu'il permette au mécanicien de "vigiler" sans avoir à se déplacer. C'est sur le même bouton poussoir qu'il faut agir pour arrêter la sirène lorsque le signal est fermé.

 

Nota : On peut également "vigiler" par appui direct sur le levier supérieur de l'appareil Flaman.

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